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Par-delà les frontières
B.S.
lundi 3 août 2026, par
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Deuxième petit saut de l’autre côté de ces frontières qui tendent de plus en plus à disparaître.
Cette fois-ci, nous irons en Hollande ; plus précisément à Rotterdam et Maastricht, deux villes qu’on peut facilement atteindre au train. Au départ d’Anvers et de Bruxelles, un train Benelux vous emmène toutes les heures à Rotterdam. Ajoutez à cela trois TEE et trois trains internationaux... Si vous n’y allez pas, vous n’aurez donc aucune excuse. Un voyage en train pour Maastricht n’est pas plus difficile. A Liège-Guillemins, il y a, pratiquement toutes les heures, un train des Chemins de fer néerlandais prêt à vous emporter vers cette sympathique ville du Limbourg hollandais.
Commençons par Rotterdam. Dès l’entrée en gare, il n’est pas possible de ne pas remarquer que Rotterdam est une ville toute neuve. En fait, une ville à laquelle on a arraché le cœur. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la ville et le port offraient un spectacle désolé : plus que des ruines ! Ce qu’on a mis à la place est d’un aspect assez joli, moderne bien sûr. Ça vous en impose, mais l’âme en est singulièrement absente.
Il manque désormais à Rotterdam ce noyau de ville où l’histoire se lit dans l’architecture, noyau infiniment précieux tel qu’en ont Amsterdam et d’autres villes, grandes ou petites, des Pays-Bas.
Dès 7 heures, le soir, le quartier central de ce port, qui compte parmi les plus grands et les plus importants du monde, devient tout à fait désert. Le célèbre « Monument de la ville détruite », œuvre d’Ossip Zadkine, érigé sur la place 1940 dans le Blaak, commémore le bombardement aérien du 14 mai 1940 et est le symbole de l’homme que tout espoir terrestre a abandonné.
En quittant la gare centrale, vous vous trouvez aussitôt dans le tohu-bohu des trams et des bus d’un brun jaunâtre du Rotterdamse Elektrische Tram. Si nous avons un conseil à vous donner, c’est de vous procurer pour 2,25 florins – ce qui représente environ 31 francs belges – une carte d’une journée RET, qui vous permettra, un jour durant, d’emprunter sans restriction aucune toutes les lignes de métro, de tram et d’autobus. Il serait prudent, au préalable, si vous désirez réellement visiter Rotterdam, de vous munir de l’indicateur ad hoc (donc, des métros, trams et autobus) comportant une carte du réseau. Il revient à 5 F belges ; c’est donné !
Evidemment celui qui entend ne pas s’éloigner du centre peut aisément se passer de la carte RET.
Tout près de la gare, on déambulera avec plaisir le long de la Lijnbaan, qui est un centre commercial où la circulation automobile est interdite.
Ceux qui s’intéressent au patrimoine culturel et historique des pays qu’ils visitent n’auront pas non plus à courir très loin. Derrière l’imposant hôtel de ville, situé au Coolsingel, on pourra admirer la grande église, aussi appelée église Saint-Laurent ; elle est de style gothique et a été complètement restaurée (à part les orgues). Siège de la communauté réformée de Rotterdam, elle est accessible au public.
Curieuse également, la vieille église (ou église des Pères Pèlerins), datant de 1416 et située au Aelbrechtskolk dans le quartier de Delfshaven.
Dans l’avenue Mathenesser se trouve le musée Boymans-Van Beumingen, consacré aux Beaux-Arts.
Du haut de l’élégant Euromast, on peut jouir (par beau temps, bien sûr) d’un panorama magnifique sur Rotterdam et son port. Cent mètres au-dessus du niveau de la mer, vous pourrez, tout en dégustant une tasse de café, savourer le plaisir d’admirables points de vue. Le célèbre stade de Feyenoord, le Zuiderpark, le Waalhaven, le Nieuwe Waterweg, l’attrayant jardin zoologique de Blijdorp, les Bergse Plassen, le Rualingse Plas et le pont Van Brienewoord constituent autant de points d’orientation caractéristiques.
Si le cœur vous en dit, vous pourrez contempler Rotterdam de plus haut encore. En 1970, l’Euromast a été exhaussé jusqu’à près de 200 m grâce au « Space-Tower ».
Il s’agit d’un haut cylindre d’acier autour duquel tourne une cabine-ascenseur, entourée de grandes baies vitrées, qui vous élève à 180 m environ au-dessus du sol.
Les amateurs de navigation ne manqueront pas de faire un tour en bateau à travers le port, à défaut d’un voyage au long cours. L’embarcadère des bateaux de plaisance Spido, très confortables, est situé Willemsplein, terminus du tram 5.
Encore un mot pour en terminer avec Rotterdam. A votre arrivée en gare centrale, vous aurez assurément remarqué que vous vous trouvez dans un centre ferroviaire important. C’est le point de convergence de lignes provenant de Hoek van Holland, La Haye, Utrecht et Dordrecht. En outre, pas loin de là, à la gare terminus de Hofplein, il y a une ligne de banlieue vers La Haye G.P. Toutes les lignes partant de Rotterdam et y aboutissant sont électrifiées.
Le jour et la nuit.
Un dicton fameux prétend que la Hollande ne possède que deux villes : Amsterdam et Maastricht. C’est peut-être un peu fort de café. Il n’en est pas moins vrai que seules ces deux villes possèdent un complexe aussi dense d’édifices historiques. Pour ce qui est de l’âge, Maastricht l’emporte, et de loin.
Si vous aimez les villes riches en beautés, vous vous devez de faire au moins une excursion d’un jour dans cette ville du Limbourg hollandais.
Pas plus aujourd’hui que précédemment, nous n’allons vous fixer des itinéraires stricts. Il vous appartient de découvrir la ville par vous-même. Une chose est certaine : vous ne vous y perdrez pas.
Le cœur de Maastricht bat au Vrijthof, qui s’enorgueillit à juste titre de sa magnifique église romane de Saint-Servais datant du XIIle siècle. Par beau temps, c’est un véritable délice de s’asseoir nonchalamment à l’une des nombreuses terrasses que propose le Vrijthof.
Mais les rives de la Meuse ont aussi leur charme, en dépit de la pollution croissante des eaux, mille fois dénoncée.
N’oubliez surtout pas que, hormis l’église Saint-Servais, Maastricht possède pas mal d’édifices historiques qui méritent le détour. Nous ne citerons ici que l’église romane de Notre-Dame et l’église gothique de Saint-Jean.
Ceux qui préfèrent lécher les vitrines et faire des emplettes trouveront ici de quoi se satisfaire. Quant aux amateurs de distractions, ils pourront s’en donner à cœur joie au sein du quartier qu’on appelle le « Petit Paris ».
Comme on voit, Maastricht a de quoi combler les plus difficiles.
Du point de vue ferroviaire, cette ville – la plus méridionale des Pays-Bas – est relativement importante. Trois lignes y convergent. Deux d’entre elles sont électrifiées : elles mènent respectivement à Sittard et à Heerlen. La troisième, non électrifiée, conduit tout bonnement à Visé et Liège. Jadis, il y avait également une ligne en direction de Hasselt, mais il y a belle lurette qu’elle a disparu. Terminons en disant que les Chemins de fer néerlandais disposent à Maastricht d’un atelier important.
Source : Le Rail, juillet 1973
Photos Fres Simons.
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