Accueil > Le Rail > Tourisme > Spontin et la vallée du Bocq
Spontin et la vallée du Bocq
G. Delise.
samedi 1er août 2026, par
Toutes les versions de cet article : [français] [Nederlands]
La gentille cité touristique de Spontin est accessible au train par Ciney (arrivée : 10 h). De là, un bus SNCB assure la correspondance (arrivée : 10 h 30).
Ce qui frappe l’attention dès qu’on descend à Spontin, c’est le château féodal, aussi austère que majestueux, tapi au fond d’une cuvette entourée de collines rocheuses et boisées. Il s’agit d’un des châteaux les plus représentatifs de l’architecture militaire du Moyen Age en Belgique. Depuis le XIIe siècle, il n’a cessé d’être habité. Sa visite en est facile et agréable. C’est par un authentique pont-levis, toujours prêt à fonctionner, qu’on pénètre dans l’enceinte de cet édifice médiéval, où la Renaissance a quand même mis son grain de sel sous la forme de quelques ajoutes.
C’est à 1 km du château que jaillit la célèbre source de la Duchesse qui débite, sans compter, une eau extrêmement légère et digestive ; elle libère les organismes surchargés. A Spontin, l’eau est réellement reine : on la capte à partir d’une cinquantaine de sources des environs et on l’expédie par aqueducs dans la région bruxelloise.
De Spontin, un marcheur « moyen » fera aisément la promenade aller et retour jusqu’à Crupet, qui se situe à moins de 5 km. Ce petit patelin bucolique accueille le visiteur avec le sourire de ses maisons coquettes et lui propose le catalogue de ses délicieuses randonnées. On découvrira dans le coin un gros donjon carré datant du XVIe siècle, cerné d’eau et flanqué d’un pont à trois arches ; c’est tout ce qui reste d’un château disparu.
Au départ de Spontin encore, un marcheur « bon moyen » (entendez un peu supérieur à la moyenne) portera ses pas vers la ligne désaffectée du chemin de fer qui menait à Yvoir et que les herbes folles ont réinvestie. Les premiers mètres parcourus auront tôt fait de lui prouver qu’il a eu raison. C’est avec une joie quasi enfantine qu’il longera le Bocq, une rivière ravissante qui déroule au gré de ses caprices son filet cristallin d’est en ouest. Prenant sa source près de Mohiville, le Bocq en question se jette dans la Meuse précisément à Yvoir, après avoir absorbé nombre de ruisselets ainsi que son affluent principal : le Crupet.
Si notre promeneur n’entend pas se rendre jusqu’à Yvoir, nous lui conseillerons de mettre un terme à sa balade à Purnode, un village tranquille où il pourra, s’il le désire, déguster une bière locale, rafraîchissante et savoureuse à souhait. Un bon bock !
L’horaire des bus variant selon que le jour est férié ou non, on aura eu soin de se renseigner à Spontin avant de s’engager sur les bords du Bocq. De toute façon, il y a moyen d’arriver à Yvoir sous le coup de 19 h.
Il ne restera plus au voyageur « paisible et bucolique » qu’à reprendre le train en direction de ses pénates ; il aura tout le loisir en cours de route de savourer mentalement les exquises découvertes qu’il a faites à travers taillis et clairières le long d’une onde miroitante « comme on n’en fait plus »...
Source : Le Rail, juin 1973
Rixke Rail’s Archives