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A travers la Belgique en train

lundi 9 février 2026, par Rixke

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Il y a pas mal de gens qui aiment aller dans les villes à la découverte des richesses artistiques.

Pour le moment, nous allons attirer tout particulièrement l’attention sur les petites et moyennes bourgades, aisément accessibles par train.

Nous considérons de prime abord que les grands centres du pays sont connus de la plupart des gens.

Et puis, dans les plus petites localités, il y a beaucoup de choses à voir, beaucoup d’expériences à vivre.

Allons-y pour Lierre, Heist-op-den-Berg, Diest et Léau.

La ville de Lierre, artistique entre toutes, est située à 16 km à peine d’Anvers, au confluent de la petite et de la grande Nèthe et sur le canal de la Nèthe.

Lierre : (cliché CGT).

C’est une localité dans laquelle il vous est loisible de passer quelques heures fort agréables. Les amateurs de photographie s’y régaleront sans aucun doute. La grand-place est des plus curieuse, avec les jolies façades de ses anciens hôtels des corporations remontant aux XVIIe et XVIIle siècles, son beffroi gothique et son hôtel de ville de style rococo. A gauche de l’Hôtel de ville, se dresse la Maison des Bouchers en style gothique, tandis qu’à droite se découpe la chapelle Saint-Jacques ou Chapelle espagnole. Derrière le même Hôtel de ville, on découvrira sans encombre l’« Echiquier », entièrement restauré, où se trouvait, au XVIIe siècle, la brasserie municipale. Il va de soi que votre programme prévoira avant tout une visite à la Tour Zimmer et à son horloge astronomique. Et, puisque vous avez l’âme un tantinet portée à la nostalgie, vous irez déambuler dans le béguinage dont le pittoresque surgit à chaque coin de rue. Enfin, il n’est pas inutile d’ajouter que cette coquette cité possède quelques magnifiques églises, telles que celle de Saint-Gommaire, un des spécimens les plus splendides de l’art gothique brabançon, et l’église (gothique également) des Dominicains.

Lierre : la Tour Zimmer (cliché CGT).

C’est sur la Nèthe que se situe Heist-op-den-Berg qui, à plus d’un point de vue, vaut largement le détour.

On y découvrira avec ravissement l’église Saint-Lambert, un monument classé de style gothique du XlVe siècle, qui possède quelques précieux trésors d’art parmi lesquels une des plus belles chaires de vérité de tout le pays campinois.

A côté de l’église se trouve le musée « Die Swane » où, depuis 1956, on peut admirer une riche collection d’objets et de documents relevant de l’histoire ou du folklore. Le deuxième étage de ce beau bâtiment abrite un musée ferroviaire consacré aux modèles réduits. La collection, don de M. Pierre Nombluez, propose une rétrospective des transports en commun. Le transport par fer tient forcément une place prépondérante au sein de cette collection. L’évolution des différents modes de transport y est illustrée sur le thème « de la diligence au TEE ». Le musée est ouvert tous les jours de 10 à 18 heures, sauf le mardi.

Une excursion à la ville orangiste de Diest vous enchantera tout autant. Vous vous souvenez sans doute encore par votre cours d’histoire que Diest, Breda, Dillenbourg et Orange avaient conclu une alliance qui en faisait des villes orangistes. Du point de vue touristique, cette petite ville, située sur le Démer, n’est pas aussi intéressante que Lierre par exemple. On y trouve cependant nombre de monuments dignes de piquer la curiosité : l’Hôtel de ville – pré-classique – les églises Saint-Sulpice et Saint-Dionysius, en haut-gothique, l’église Notre-Dame en pierre brune de Diest, le béguinage avec l’église Sainte-Catherine en haut-gothique, la Halle-aux-draps gothique, la maison natale de Saint-Jean Berckmans et les remparts, témoins d’un passé glorieux.

Diest : le Béguinage (cliché CGT).

Léau est une petite mais charmante ville, qu’on appelle parfois l’écrin artistique du Brabant (et on a bien raison).

Comment vous rendre à Léau ? Vous prenez l’autobus de substitution de la ligne 22 Tirlemont - St-Trond - Diest. Soit dit par parenthèse, il y a belle lurette, Léau se trouvait sur la ligne 23, qui reliait Tirlemont à Tongres, via Drieslinter et St-Trond.

Il fut un temps où Léau était un important centre commercial, situé sur la chaussée romaine qui allait de Cologne à la côte. Son port, sur la petite Gette, était le point extrême que l’on pouvait atteindre dans cette partie du pays par voie d’eau en partant d’Anvers.

Léau : l’Hôtel de villa et les Halles (cliché CGT),

Le nom de Léau en néerlandais est Zoutleeuw.

A l’origine, la ville s’appelait tout simplement Leeuw, un mot dérivé du vieil allemand klaiwa, signifiant tertre ou tumulus. Le préfixe Zout (sel, en français) n’apparaît qu’à la fin du XVIe siècle ; il s’explique par le fait que la cité comptait parmi les quatre villes du Brabant qui avaient obtenu le droit de prélever une taxe sur le sel. Il y avait en effet un entrepôt de sel près du port.

Laissons là les préoccupations étymologiques et revenons sur le terrain.

L’histoire de Léau est particulièrement passionnante, même un résumé succinct nous mènerait encore trop loin. Nous noterons simplement que, par suite de la canalisation de la grande Gette jusqu’à Tirlemont, en 1525, l’activité des bateliers de Léau se mit à décroître. De plus, le déboisement de la région entraîna l’ensablement de la Gette. C’est ainsi que disparut le port de Léau, au XVIIIe siècle.

Par ailleurs, l’unification en un seul pays des duchés, comtés, etc., signifiait aussi la disparition de Léau en tant que poste frontière.

Voilà pourquoi la ville de Léau, autrefois si riche et si animée, s’est assoupie et est devenue le site paisible qu’on connaît aujourd’hui et où persistent les souvenirs d’un passé glorieux.

Parmi ces témoins du passé, il y a en tout premier lieu la magnifique église gothique de Saint-Léonard, une des plus belles et des plus riches églises du pays flamand. Un peu plus loin, sur la place du Marché, se dressent l’hôtel de ville, un joyau du style renaissance, la halle aux draps, érigée au XlVe siècle (elle est transformée actuellement en caserne de gendarmerie) et la « Spiegelhuis », construite en 1571, avec sa belle façade en style renaissance, ainsi que la pompe, détruite en 1944, mais reconstruite fidèlement dans le style de celle qui avait été installée en 1762.

Enfin, il reste pas mal de coins pittoresques que vous découvrirez par vous-même lors de vos promenades dans Léau ou aux environs.


Source : Le Rail, juin 1972