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Cheminot et musicien

Romain Clam.

dimanche 17 mai 2026, par Rixke

La musique adoucit les mœurs : tel est le credo de Michel Verpoest, un collègue, musicien dans l’âme. Il vit à Leuze-en-Hainaut, plus exactement à Grandmetz, un petit village rural niché à la lisière du pays des collines. C’est une région magnifique que rehaussent encore les prémices du printemps et ses discrètes fragrances.

 La naissance d’une passion

Michel est né à Renaix en 1961, en Flandre orientale, et c’est par le plus pur hasard qu’à l’âge de sept ans, il découvre la musique par l’intermédiaire d’un instrument qui, aujourd’hui encore, accapare la majeure partie de son temps, l’accordéon. Il fréquente tout d’abord, pendant trois ans, le conservatoire de Tournai dans son antenne locale à Frasnes-lez-Buissenal, ensuite l’académie de Renaix où il obtient, après deux ans, une qualification mentionnant un degré d’excellence. De cette époque date aussi sa rencontre avec M. Van Coppenole, professeur d’accordéon. Celui-ci l’encourage et l’inscrit à divers concours locaux et même mondiaux. Son talent est tel qu’il est proclamé lauréat de deux rencontres mondiales avec diplôme et médaille d’or. Très vite donc, l’élève dépasse le maître et s’engage dans de nouveaux projets.

 De « Jean Chabot Béton » au « Rail Sound Band »

Ses titres en poche et confiant, Michel se produit alors dans des petites salles de spectacle de la région.

Sur sa lancée, il se joint aussi pendant quelques années au groupe musical « Jean Chabot Béton », lequel enregistrera deux disques microsillons. Cet ensemble musical se déplaçait, fin des années septante, un peu partout en Belgique, pour animer bals et soirées récréatives. À cette période, il croise régulièrement Hector Delfosse et Willy Staquet, deux accordéonistes réputés. Mais aujourd’hui, c’est entouré de ses fils que Michel enflamme de son instrument chromatique fêtes et communions. Il lui arrive même quelque fois de pousser la chansonnette !

Répétition en famille

1992 marque un tournant dans sa carrière : c’est l’année du centenaire de la gare d’Ath et à cette occasion, treize cheminots fondent le groupe « Rail Sound Band » que Michel est invité à diriger. Cette toute jeune formation musicale s’est produite à plusieurs reprises, à Malines et à Ath notamment, lors du festival des musiques ferroviaires. Cette année, elle jouera à Hasselt et envisage un déplacement plus lointain en Hongrie en 2003.

Le « Rail Sound Band » en 1996

 Un parcours ferroviaire... rectiligne

Côté cour, Michel entame sa carrière à la SNCB à l’âge de 18 ans comme garde temporaire au dépôt d’Ath.

Statutaire trois mois plus tard, il suit rapidement les cours de chef de train et en acquiert le titre après l’interrogation réglementaire. Il obtient le grade de chef-garde en 1983 au dépôt de Mons. L’année suivante, il réintègre Ath et, lauréat d’une nouvelle épreuve, devient accompagnateur de train dans le courant de l’année 1995. De ses voyages tous azimuts sur notre réseau, Michel garde le souvenir des différents type de voitures L, K, M1, M3... utilisées à ses débuts et aujourd’hui déclassées ainsi qu’avec un brin de nostalgie, des autorails des séries 45 et 46. « Quelle évolution technique depuis mon entrée en service ! »

Actuellement, il circule sur des automotrices pour les parcours locaux et sur des rames tractées composées de voitures M4 ou M5 pour les autres trajets. Sur ses conditions de travail, par contre, Michel est plus discret car il a été confronté, à plusieurs reprises, à des violences verbale et physique.

Un jour peut-être, convaincu que la musique adoucit les mœurs, abandonnera-t-il « Ivette » pour contrôler les usagers au son de son bel accordéon sur l’air de « Et j’entends siffler le train » ?


Source : Le Rail, mai 2001