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La nouvelle numérotation des engins moteurs
M. Vanzavelberg.
mardi 21 octobre 2025, par
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A la suite de nombreuses demandes qui sont parvenues au Rail, nous consacrons le présent article à la nouvelle numérotation de nos engins moteurs, qui est appliquée depuis le 1er janvier 1971 et qui fait l’objet du tableau ci-dessous.
L’ancienne numérotation à six chiffres de nos engins moteurs électriques et diesel datait du temps glorieux de nos locomotives à vapeur. Ces dernières étaient identifiées par un nombre de cinq chiffres, dont les deux premiers désignaient le type ; les trois suivants, le numéro d’ordre de l’engin.
Lors de l’introduction des modes de traction modernes, on avait gardé les mêmes principes mais, pour éviter toute confusion, en utilisant un nombre de trois chiffres pour désigner le type. Cette numérotation présentait différents inconvénients, notamment en ce qui concerne la lecture à distance, la mémorisation, la transmission. C’est pourquoi, après la disparition de la traction à vapeur, on a recherché la possibilité de renuméroter tout le matériel de traction en l’identifiant par un nombre de quatre chiffres, tout en adoptant une classification plus rationnelle.
A cette occasion, la terminologie en usage jusqu’ici a été quelque peu modifiée et mise en concordance avec celle qui est employée par les réseaux voisins.
Tout d’abord, les engins moteurs [1] ont été divisés en dix classes, c’est-à-dire en grandes catégories d’engins présentant des caractéristiques générales d’utilisation semblables (mode de traction, puissance, vitesse, etc.).
Chaque classe comprend elle-même un certain nombre de séries, groupant des engins de construction sensiblement identique. Le terme série remplace donc le terme « type » familier à nos cheminots. A noter que ce dernier peut servir pour indiquer la conception générale de l’engin ; c’est ainsi qu’on dit, par exemple, type BB, ou type CC.
Enfin, le cas échéant, les constructions consécutives d’une même série sont appelées tranches.
Dès lors, la numérotation est très simple. Le premier chiffre (0 à 9) indique la classe ; le nombre formé par les deux premiers chiffres indique la série ; le nombre formé par les deux derniers chiffres constitue le numéro d’ordre de l’engin dans la série.
Dans les cas exceptionnels où la série comportait plus de cent engins, il a fallu utiliser deux nombres de série. C’est ainsi que le type 210 forme maintenant les séries 60 et 61 ; le type 212, les séries 62 et 63. Cet inconvénient mineur a été accepté compte tenu des avantages de la numérotation à quatre chiffres.
| Classe | Série | Nlle numérotation | Ancienne désignation |
|---|---|---|---|
| Classe 0 Automotrices électriques |
00 | 001 à 270 | AM. 39-46-50-51-53-54-56-62-63-65 |
| 05 | 502 à 539 | AM. 55 | |
| 06 | 601 à 676 | AM. 66-70 | |
| 08 | 801 à 808 | AM. Postales | |
| 851 à 856 | AM. Aéroport | ||
| 09 | 901 à 904 | AM. Benelux (B) | |
| Classe 1 Locomotives électriques voyageurs à grande vitesse |
15 | 1501 à 1505 | t. 150 |
| 16 | 1601 à 1608 | t. 160 | |
| Classe 2 Locomotives électriques mixtes voyageurs et marchandises |
20 | 2001 à 2003 | t. 120 |
| 22 | 2201 à 2250 | t. 122 | |
| 23 | 2301 à 2382 | t. 123 | |
| 24 | 2401 | t. 124 | |
| 25 | 2501 à 2522 | t. 125 | |
| 26 | 2601 à 2635 | t. 126 | |
| 29 | 2901 à 2920 | t. 101 | |
| Classe 3 Réservée |
|||
| Classe 4 Autorails |
40 | 4001 à 4007 | AR. 630 |
| 42 | 4231 à 4236 | AR. 602 | |
| 43 | 4301 à 4330 | AR. 603 | |
| 44 | 4401 à 4410 | AR. 604 | |
| 45 | 4501à 4510 | AR. 605 | |
| 46 | 4601 à 4620 | AR. 554 | |
| 49 | 4901 à 4911 | AR. 553 | |
| Classe 5 Locomotives diesel de ligne de grande puissance |
50 | 5001 | t. 200 (4 000 ch.) |
| 51 | 5102 à 5193 | t. 200 (2 000 ch.) | |
| 52 | 5201 à 5213 | t. 202 | |
| 53 | 5301 à 5319 | t. 203 | |
| 54 | 5401 à 5408 | t. 204 | |
| 55 | 5501 à 5542 | t. 205 | |
| 59 | 5901 à 5955 | t. 201 | |
| Classe 6 Locomotives diesel de ligne de puissance moyenne |
60 | 6001 à 6115 | t. 210 |
| 62 | 6201 à 6333 | t. 212 | |
| 6391 à 6393 | t. 212 (Flexicoil) | ||
| 64 | 6401 à 6406 | t. 211 | |
| 65 | 6501 à 6506 | t. 213 | |
| 66 | 6601 à 6603 | t. 222 | |
| Classe 7 Locomotives diesel de manœuvre de grande puissance |
70 | 7001 à 7006 | t. 270 |
| 71 | 7101 à 7105 | t. 271 | |
| 72 | 7201 à 7215 | t. 272 | |
| 73 | 7301 à 7335 | t. 273 | |
| Classe 8 Locomotives diesel de manœuvre de puissance moyenne |
80 | 8001 à 8069 | t. 260 |
| 81 | 8101 à 8103 | t. 261 | |
| 82 | 8201 à 8255 | t. 262 | |
| 83 | 8301 à 8325 | t. 253 | |
| 84 | 8401 à 8470 | t. 250 et 252 101 à 110 (es 251 ABC) | |
| 85 | 8501 à 8534 | t. 252 et 252 101 à 109 (ex 251 SEM) | |
| Classe 9 Locomotives diesel de manœuvre de faible puissance |
90 | 9001 à 9010 | t. 230 1re tranche |
| 91 | 9111 à 9160 | t. 230 2e tranche | |
| 92 | 9201 à 9225 | t. 232 |
Enfin, en ce qui concerne les automotrices, le zéro indiquant la classe a été supprimé, de sorte que le numéro d’identification ne comporte que trois chiffres au lieu de quatre. La subdivision en séries a été établie de façon que le nouveau numéro corresponde, pour pratiquement tous les cas, au numéro d’ordre existant, le préfixe « 228 » étant abandonné.
Le principe de correspondance entre les numéros d’ordre de la nouvelle et ceux de l’ancienne numérotations a d’ailleurs été appliqué à toutes les séries d’engins qui en offraient la possibilité.
Les nouveaux numéros ont été apposés, en chiffres de 250 mm de hauteur et de forme normalisée par l’UlC, d’une part sur chacune des parois frontales de l’engin, d’autre part sur chacune des faces latérales dans la moitié supérieure côté avant gauche. Il est donc facile de les lire à distance pour le personnel des cabines de signalisation, des gares, etc.
Les ateliers de traction furent chargés de peindre les numéros à l’aide de pochoirs réalisés par l’atelier central de Malines. La teinte des chiffres a été choisie de façon à s’harmoniser avec la décoration générale des engins, soit :
- pour les locomotives et automotrices peintes en vert avec bandes de visibilité jaunes : jaune identique à celui des bandes ;
- pour les locomotives électriques peintes en vert avec bandes décoratives en alliage léger d’aluminium : gris argenté ;
- pour les automotrices en acier inoxydable (tranche 1956) : bleu foncé ;
- pour les autorails peints en rouge et jaune : blanc.
Pour les locomotives électriques « polycourant » destinées au service international, qui sont peintes en bleu, les chiffres ont été confectionnés en acier inoxydable comme les bandes décoratives.
Pour terminer, signalons que l’Union internationale des Chemins de fer (UIC) envisage d’adopter, pour les engins moteurs utilisés en service international, un marquage d’identification à douze chiffres, fondé sur des principes analogues à ceux qui sont déjà appliqués pour le marquage du matériel remorqué à voyageurs et marchandises.
A titre d’information, on trouvera ci-dessous les propositions faites par l’UlC à ce sujet, le numéro étant à apposer au bas de la face latérale.
| 9 | 0 | 88 | 0 | 000 000 | 0 |
|---|---|---|---|---|---|
| Engin moteur | |||||
| 0 = loc. 1 à 8 = réservé 9 = autorail |
|||||
| 88 = SNCB = Administration propriétaire | |||||
| Complément pour le chiffre d’autocontrôle | |||||
| No de l’engin propre à chaque administration (Des zéros sont à prévoir à gauche si le N° ne comporte pas six chiffres) |
|||||
| Chiffre d’autocontrôle | |||||
La nouvelle numérotation adoptée par la SNCB peut donc s’intégrer sans difficulté dans cette codification internationale, laquelle réserve un total de six chiffres pour l’inscription du numéro d’identification propre à chaque administration.
En conclusion, nous pensons que le nouveau mode de numérotation à quatre chiffres apportera plus de facilités au personnel. Bien entendu, son application exige momentanément de tous les intéressés un effort d’adaptation et de mémorisation. Pour faciliter cette tâche ainsi que la tenue à jour des documents, on a publié des tableaux complets de transposition indiquant, pour chaque engin, l’ancien et le nouveau numéro.
On peut escompter que, grâce à la bonne volonté de tous, les cheminots s’accoutumeront rapidement aux nouvelles désignations, et qu’il deviendra vite familier, par exemple, de parler d’une locomotive diesel série 51, au lieu de type 200.
Source : Le rail, août 1971
[1] Au 1-6-71, il y avait 203 locomotives électriques, 373 automotrices, 482 locomotives diesel de route, 332 locomotives de manœuvre, 94 autorails.
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