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Un aspect actuel de la construction : la « standardisation »
T. Bibauw, ingénieur en chef.
lundi 11 août 2025, par
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L’individualisme à outrance qui, au cours du premier demi-siècle, a sévi dans le domaine de la construction en général et dans celui de l’habitation en particulier est en régression. On pouvait se demander pourquoi, dans des circonstances climatiques et régionales déterminées, il fallait redessiner chaque immeuble de A à Z ; c’était l’époque de la « maison sur mesure ». Les générations actuelles n’éprouvent aucun malaise à choisir un appartement dans un grand ensemble, même s’il faut bien prendre les coordonnées pour mettre la clef dans la bonne serrure quand on rentre le soir.
L’impulsion qui a provoqué cette mutation de la construction individualisée vers la construction industrialisée est d’origine économique : pour abaisser le coût des bâtiments dans une économie où les salaires sont en hausse constante, il fallait rationaliser et, par conséquent, normaliser. La préfabrication, autre aspect de l’industrialisation, conduit, elle aussi, vers de grandes séries d’éléments de construction identiques.
Au chemin de fer, étant donné le nombre accru de demandes tendant à ériger des « bâtiments à usages divers », (en langage télégraphique : « b.u.d. » ; en français plus précis : « bâtiments de service »), les responsables ont recherché et adopté une formule qui dispenserait les bureaux d’études de l’établissement répété de plans agrémentés de détails de construction variables selon l’inspiration des architectes ou des dessinateurs. On s’impose dorénavant un réseau modulaire, c’est-à-dire une grille dont les mailles carrées ont toutes les mêmes dimensions (en l’occurrence 1,20 m x 1,20 m). On dessine les contours du bâtiment et des locaux qui le composent en suivant le tracé des mailles.
Les détails de construction, quant à eux, font l’objet de plans-types très fouillés. Ils existent notamment pour les fondations, les hourdis, les éléments de façade, les plafonds, les couvertures étanches (en aluminium). Cela permet de réaliser des bâtiments comportant la juxtaposition de locaux variés : bureaux, vestiaires, réfectoires, dépôts de matériel, etc.
Il en résulte que le service qui veut établir le projet d’un bâtiment de service n’a plus à fournir qu’un plan d’ensemble et un métré. Pour ce dernier, le problème est aussi simplifié car il existe un métré-type, qu’il suffit de compléter par des quantités.
Le résultat de l’opération apparaît dans les photos. Pour le service, il y a un énorme gain de temps dans la phase « étude » et l’expérience prouve que l’exécution se révèle plus rapide que pour les bâtiments d’hier.
Au début, on s’était borné à établir des plans-types pour des bâtiments provisoires urgents (photo 1). Devant l’ampleur des demandes, on a songé à intégrer certains éléments de bâtiments provisoires dans les bâtiments « standard » qui prenaient alors un caractère définitif (photos 2 et 3). Dans le même ordre d’idées, mais pour une catégorie bien précise, notamment les postes « tout relais », on a eu recours à un autre bâtiment-type construit en plusieurs exemplaires, au fur et à mesure des besoins (photo 4).
Il n’y a pas de motif de s’arrêter en si bon chemin : le grand nombre de bâtiments « standard » qui ont été construits depuis leur lancement en 1968, atteste de leur succès. Pour d’autres secteurs du bâtiment, on pousse actuellement à la normalisation des éléments de construction.
Source : Le Rail, avril 1971
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