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France - Italie : La première grande percée des Alpes
lundi 4 août 2025, par
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Après 1854, la ligne Gênes - Turin fut prolongée jusqu’à Susa. De l’autre côté des Alpes, le chemin de fer « Victor Emmanuel », longeant la vallée de l’Arc, était arrivé jusqu’à St-Michel-de-Maurienne.
Pour franchir les Alpes, Joseph Medail, natif de Bardonecchia, établit que le souterrain ne devait pas être foré sous le Mont-Cenis, mais sous le mont Fréjus, entre les villages de Bardonecchia et de Modane.
Les travaux commencèrent en 1857. En 1859, la guerre entre la France et l’Autriche amena l’unification italienne ; en 1860, la Savoie et le comté de Nice furent cédés à la France. Le tunnel devait dès lors unir deux Etats.
Au début, la progression fut très lente, le forage des trous se faisant à la barre à mine et au pic. En 1861, pour la première fois dans l’histoire, l’emploi de l’air comprimé fut adopté. L’ingénieur Sommeiller fit installer, à Modane et à Bardonecchia, des batteries de 20 tubes géants de 26 m de hauteur et de 63 cm de diamètre que l’on alimentait en eau. Par gravité, cette eau chassait devant elle l’air emprisonné dans le tube et le comprimait dans un réservoir. Avec deux remplissages par minute, chaque « bélier hydraulique » arrivait à produire 270 litres d’air comprimé en une minute, sous pression de 5 kg par centimètre carré. A partir de 1863, les « béliers » furent remplacés par des « pompes à compression d’air à piston liquide », qui arrivaient à débiter 680 litres d’air par minute, sous pression de 6 kg par cm2. L’emploi de l’air comprimé alimentant des forets pneumatiques permit d’augmenter sensiblement la vitesse de forage des trous de mine. L’avancement, durant la dernière année, atteignit jusqu’à trois mètres par jour sur toute la largeur du front d’attaque.
Le 25 décembre 1870, l’Alpe était vaincue, le tunnel du Fréjus entrait dans l’histoire ; on avait arraché à la montagne une masse de 500 000 mètres cubes de rochers. Moins d’un an plus tard, le premier train Paris - Rome franchissait le souterrain.
Le percement du tunnel, œuvre d’audace et de foi, fut aussi l’exemple d’une première collaboration internationale au niveau des créateurs : Joseph Medail (Italien) détermina l’emplacement de la percée ; H.-J. Maus (Belge) fit l’étude technique du projet ; Daniel Colladon (Suisse) eut l’idée du recours à l’air comprimé ; Thomas Bartlett (Anglais) mit au point la première perforatrice ; Germain Sommeiller, maître d’œuvre, Savoyard qui en 1860 opta pour l’Italie et mourut avant l’inauguration officielle de « son » tunnel, avait pour adjoints directs Grattoni et Grandis (Italiens).
Après les rectifications faites depuis 1870, la longueur actuelle du tunnel est de 13 567 m.
Rappelons que le tunnel du Saint-Gothard (14 920 m) fut percé en 1880 ; celui de l’Arlberg (10 240 m) en 1883 ; ceux du Simplon (19 801 m et 19 821 m) en 1906 et 1922.
Source : Le Rail, mars 1971
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