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« Bonjour le train »
vendredi 31 mars 2023, par
| Les 6 à 15 ans dans les gares |
Prenant l’environnement dans son acception la plus large – notamment sous son aspect socio-économique – et voyant dans les jeunes les cheminots et les utilisateurs du rail de demain, la SNCB a décidé de contribuer à l’Année européenne de l’Environnement en portant une partie considérable de son effort sur la communauté éducative, très précisément toutes les classes de tous les réseaux d’enseignement qui concernent les enfants de 6 à 15 ans. Ce faisant, elle était certaine de pouvoir lancer un message sympathique à la totalité de la population dans la fourchette d’âge considérée.
Dans 70 gares dont la visite pourrait présenter un intérêt – dans des conditions qui cadrent bien avec le thème de base – les chefs de gares ont lancé à toutes les écoles de leur région une invitation à faire plus ample connaissance avec le monde ferroviaire. La proposition comprenait deux temps : un voyage en train de ± 2 x 25 kilomètres, au prix forfaitaire de 20 FB par enfant (les enseignants voyageant gratuitement) ; une visite (sur rendez-vous) de la gare régionale, guidée par un membre du personnel de cette gare.
Afin de pouvoir consacrer à chaque visite tout le temps nécessaire, des périodes assez longues ont été retenues :
- du 23 mars à la mi-juin pour les écoles du cycle fondamental (6/12 ans) ;
- à l’automne pour le cycle d’enseignement moyen inférieur (12/15 ans).
Voyage et visite n’ayant qu’un vécu éphémère, la SNCB a voulu laisser aux jeunes des traces tangibles de cet événement : un titre de transport spécial pour chaque enfant, un dossier pédagogique (« Bonjour le train ») remis à l’enseignant et un exemplaire d’une édition récente de l’indicateur, histoire de pouvoir calculer où et quand doivent se croiser deux trains partis en même temps d’Ostende et d’Arlon, dans des directions évidemment opposées !
Pour donner à l’opération une cohérence globale, la SNCB a organisé des rencontres d’information avec tous les agents concernés à tous les échelons par le déroulement de l’opération. C’était important, car jamais depuis quelques décennies, elle n’avait ouvert largement ses portes à un public aussi nombreux. Et jamais le personnel « on line » n’avait aussi longtemps concentré son énergie et ses talents pour séduire un petit monde souvent piailleur mais toujours intéressé. Les échos reçus après les visites (des textes et des dessins envoyés par les classes à titre de remerciement) sont unanimes à cet égard : c’était intéressant, et que les cheminots sont sympas ! Fin juin, au terme de la période d’accueil des classes du fondamental, près de 145 000 enfants avaient été dénombrés dans les gares, soit presque 19 % de la population en âge d’école primaire. La SNCB, au départ, estimait à 10 % de réponses positives le seuil de succès de l’opération. L’objectif a bien été atteint.
En automne, ce sont les « grands », de l’enseignement secondaire inférieur, qui seront invités à faire plus ample connaissance avec le chemin de fer. Pour eux, dont les préoccupations deviennent déjà plus spécifiques, la SNCB prépare une documentation susceptible d’épouser davantage les matières abordées en classe. On peut se réjouir de l’intérêt que cette offre a rencontré : il était important de nouer des liens plus étroits avec ceux qui, demain, animeront le chemin de fer moderne, ou en seront les utilisateurs assidus.
Source : Le Rail, septembre 1987
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