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Anvers, le rail investit pour mieux servir
L. Gillieaux.
vendredi 22 avril 2022, par
Marchandises : des améliorations réalisées, d’autres en cours ou en projet
Les relations entre la SNCB et Anvers ne se limitent pas au service voyageurs. Au contraire, le trafic marchandises dans et vers la zone d’Anvers et, plus spécifiquement, vers son port figurent parmi les priorités de la SNCB. Car l’enjeu est d’importance. En effet, de façon très simplifiée, on peut dire que la SNCB transporte en moyenne plus de 15 % du trafic fret traité par le port, et que celui-ci totalise plus de 40 % du trafic marchandises par chemin de fer en Belgique.
Notre entreprise est donc très attentive à l’adaptation et à la modernisation permanentes de ses installations et équipements de desserte du port et des entreprises qui le jouxtent.
Anvers-Nord : modernisation de la gare
Anvers-Nord est une gare de formation de toute première importance. Elle joue un rôle essentiel, tant pour la formation des convois de desserte du port à partir des trains à l’arrivée que pour la formation des trains au départ, comportant des wagons vers des destinations belges mais aussi étrangères : Allemagne, Suisse, Italie, France et d’autres encore.
La gare est composée de deux groupes de faisceaux successifs (réception, triage et attente). Les faisceaux d’entrée (faisceaux C1 et C2) comptent respectivement 19 et 48 voies. S’y ajoute un faisceau D de 10 voies. Les faisceaux de départ (faisceaux B1, B2 et B3) comptent, quant à eux, 11, 37 et 16 voies. En moyenne, la gare expédie plus de 350 000 wagons par an au départ des faisceaux C et près de 220 000 au départ des faisceaux B.
Elle reçoit 115 trains et en expédie 120 par jour de semaine. En outre, plus de 90 trains transitent chaque jour par la gare, en provenance ou à destination directe d’installations terminales dans le port. Cette gare fait l’objet d’un vaste programme de modernisation pour faire face à l’accroissement prévu du trafic. Ce programme inclut le renouvellement des voies ainsi que l’automatisation du triage et du freinage des wagons. Pour les faisceaux C, l’opération, qui a duré quatre ans, s’est terminée en 1993. Elle est actuellement en cours pour les faisceaux B. S’ajoutent à cette modernisation divers travaux d’infrastructure comme la construction de bâtiments de service.
La ligne 11 : une meilleure desserte des entreprises à l’ouest du Kanaaldok et un projet de liaison directe avec les Pays-Bas
Jusqu’en 1995, la desserte des entreprises situées sur la rive droite de l’Escaut mais à l’ouest du Kanaaldok ne se faisait pas sans difficultés, du fait du passage par le pont mobile de Lillo. Compte tenu de la priorité accordée au trafic maritime, il en résultait des retards dus à l’attente ou à de longs détournements forcés via, entre autres, l’écluse Baudouin. Cette situation était contraire aux objectifs de qualité et de fiabilité de desserte également recherchés en trafic marchandises. Il a été décidé de construire une nouvelle ligne afin de desservir plus rapidement ces entreprises. Débutant à hauteur du faisceau Berendrecht, cette ligne, longue de 10 km et appelée ligne 11, utilise pendant environ 5 km le terre-plein central de l’autoroute A 12. Elle passe ensuite sur la rive gauche du Kanaaldok via le pont fixe « Noordlandbrug », qui traverse la liaison Escaut-Rhin tout près de la frontière néerlandaise. Grâce à cette ligne, mise en service à la mi-1995, le temps de desserte des entreprises concernées a pu être fortement réduit et des trains complets peuvent être formés directement au départ de celles-ci. On envisage de mettre cette ligne à double voie qui pourrait être, le cas échéant, électrifiée.
De plus, la ligne 11 passe tout près de la frontière néerlandaise et ne se trouve qu’à quelques kilomètres de la ligne Roosendaal – Flessingue, au sud de Bergen-op-Zoom. Il est donc tout à fait possible, moyennant la construction d’une liaison entre les deux lignes, de créer un nouvel itinéraire pour les trains de marchandises entre la zone anversoise et les Pays-Bas. Il s’agit là d’un projet très intéressant, étant donné que les échanges entre les ports d’Anvers et de Rotterdam vont aller en s’intensifiant.
Un second itinéraire ferroviaire entre le port et l’intérieur du pays
L’itinéraire actuel d’accès au port passe entre autres par Berchem, Schijnpoort et Noorderdokken avant de former une boucle permettant de passer au-dessus de la ligne 12 vers Roosendaal. Cette ligne a atteint un seuil de saturation, ne permettant plus à l’avenir aucune augmentation substantielle du trafic marchandises. De plus, le fait de ne disposer que d’un itinéraire rend aléatoire la fiabilité du trafic. La recherche d’un second itinéraire de liaison entre le port et l’intérieur du pays apparaît donc nécessaire pour résoudre ces problèmes. Plusieurs solutions ont dès lors été étudiées en vue de rechercher un tracé de ligne qui relierait la zone du port et les environs de Lierre, pour se brancher à cet endroit :
- Sur l’itinéraire existant en direction d’Aerschot et, de là, vers Louvain et Ottignies ou Hasselt et Montzen ;
- Ou, le cas échéant, sur la liaison « IJzeren Rijn » actuellement à l’étude, et qui pourrait offrir un nouvel itinéraire entre la zone anversoise et la région de la Rhur en Allemagne, via Neerpelt et Roermond.
Ces divers tracés ont fait l’objet d’une étude de faisabilité, spécialement en termes d’incidences sur l’environnement. Celle-ci a permis de déterminer un itinéraire jouxtant diverses infrastructures existantes ou en projet au sud-est d’Anvers. En fonction des procédures à suivre et des travaux de construction de la nouvelle ligne, sa mise en service peut être projetée pour 2005.
De nouvelles installations pour le trafic combiné
Les voyageurs qui empruntent la ligne 12 vers les Pays-Bas longent le terminal à conteneurs d’Anvers-Schijnpoort, exploité par TRW et toujours très actif. Mais les chemins de fer ont aussi investi dans d’autres installations de traitement du trafic combiné.
Les installations initiales d’Interferry (filiale de la SNCB, de Ferry-Boats et d’Intercontainer) situées au cœur du port approchaient de la saturation. C’est pourquoi, avec Interferry et en collaboration avec deux importants manutentionnaires du port – Hessenatie et Noordnatie –, la SNCB a ouvert, en juin 1996, un nouveau terminal dénommé « Cirkeldyck », tout près du Delwaidedok et de la ligne 11, évoquée ci-dessus. De plus, la SNCB prend part, avec Noordnatie, à l’établissement d’un autre terminal à conteneurs, le « Noord-Zee terminal », situé sur la rive même de l’Escaut, à proximité immédiate des écluses de Berendrecht et de Zandvliet. En amenant le transport ferroviaire directement à l’embarquement ou au débarquement des navires, la SNCB s’arme pour faire face à une concurrence très vive et pour être présente là où elle peut offrir ses services de la façon la plus performante possible.
Modernisation des installations destinées au matériel
Parallèlement à ces efforts, la SNCB investit aussi dans ses secteurs d’appui logistique. Ainsi, dans le cadre de la réorganisation des installations du matériel sur le réseau, il a été décidé de construire un nouvel atelier de traction pour la région anversoise. Celui-ci sera situé dans la zone portuaire, près de la gare de formation d’Anvers-Nord. D’une superficie construite de 14 000 m2, il comportera 12 voies couvertes. Chargé de la maintenance courante des locomotives opérant dans le secteur d’activité, il sera équipé de tous les dispositifs modernes d’accès aux engins, de levage et de manutention permettant d’effectuer les entretiens dans des conditions optimales.
De plus, l’actuel atelier de wagons d’Anvers-Nord, également situé près de la gare de formation et doté de 8 voies passantes, sera aussi modernisé dans le cadre des objectifs du plan d’investissements 1996-2005. Par ailleurs, un poste d’entretien du matériel à voyageurs permet de regrouper les activités de maintenance de ces voitures, auparavant effectuées dans plusieurs faisceaux différents. Ce poste d’entretien va être doté d’un hall couvert abritant 3 voies, actuellement en cours de construction.
D’autres projets d’investissements pourraient encore être relevés à propos du chemin de fer en région anversoise comme ceux qui ont trait à l’extension du chemin de fer sur la rive gauche de l’Escaut ou ceux qui visent à la modernisation des équipements et des installations d’infrastructure. À Anvers, le chemin de fer et les cheminots préparent activement l’avenir afin d’offrir aux différentes catégories de clientèle des services performants à la hauteur de leurs exigences et de leurs attentes.
Source : Le Rail, avril 1997
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