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La SNCB en 1986
mercredi 30 juillet 2014, par
| Le mois dernier, « Le Rail » épinglait dans ses colonnes quelques statistiques relatives à différents secteurs d’activités de notre société. Ce mois, nous vous proposons à ce sujet divers commentaires et quelques éclaircissements. |
Le contexte économique de l’année 1986
Au niveau mondial, cette année s’est caractérisée par une diminution très sensible des prix de l’énergie, renforcée par l’affaiblissement du dollar.
En Belgique, le produit national brut s’est situé aux environs de 2,1 %, croissance imputable notamment à la hausse des investissements des entreprises ( + 8 %) et à une légère reprise de la consommation privée.
L’inflation a, quant à elle, reculé et les taux d’intérêts ont très nettement baissés.
La production industrielle a globalement augmenté de 2,5 % mais cette hausse est inégale d’un secteur à l’autre.
Les baisses sont surtout significatives dans le secteur sidérurgique, secteur combien important pour notre société.
Trafic
Le trafic des voyageurs et des marchandises s’est élevé au total à 13 492,4 millions d’unités de trafic (voyageurs/km et tonnes/km en wagons complets), soit 8,9 % de moins qu’en 1985.
Les causes de cette baisse en sont la diminution sensible des prix des carburants, la hausse des tarifs voyageurs et le recul dans les transports de produits onéreux (sidérurgie, charbonnages).
Voyageurs
La perte s’élève à 503 millions de voyageurs/km en moins par rapport à 1985, soit une baisse de 7,7%.
L’évolution est cependant très différente dans les trois secteurs principaux.
On note une diminution des abonnements sociaux à la semaine et ordinaires à parcours limité. Les abonnements scolaires ont, par contre, continué à progresser (trafic : + 9,7 % au lieu de 8,9 % en 85).
En service intérieur, la chute du trafic avec billets à prix plein est restée limitée tandis que celle du trafic avec billets à prix réduits (réductions imposées - familles nombreuses, VIPO, réductions pour groupes, réductions commerciales) a été très nette. La vente de billets pour excursions d’un jour ou d’un week-end (mer/Ardennes) est restée stable, et la journée « Train-Tram-Bus », organisée le 5/10/86 pour la 4e fois, a encore remporté un franc succès.
En service international, le même phénomène qu’en service intérieur s’est produit : le recul a été moins prononcé pour la vente des billets à prix plein que pour les billets à prix réduit.
Le trafic est surtout déficitaire au départ de l’étranger à destination de ou en transit à travers notre pays.
Marchandises
Wagons complets
Le transport des marchandises par voie ferrée a connu un net recul depuis le début de 1986, qui s’est accentué au cours du dernier trimestre. Le déclin est intervenu suite à la baisse de production dans les aciéries d’Europe occidentale. La situation se présente comme suit : la SNCB a transporté 63 118,7 milliers de tonnes en 86 contre 72 439 en 1985, soit une diminution de 12,9 %.
Le nombre de tonnes/km s’élève ainsi pour 1986 à 7 423,4 millions contre 8 254,2 en 1985 (- 10,1%).
Le trafic se répartit comme suit : le transport des produits agricoles accuse un recul imputable au transport de céréales au départ de la France vers la Belgique et les Pays-Bas. Le transport des produits alimentaires et des aliments pour bétail, en hausse au cours des neufs premiers mois, a régressé fortement par la suite.
Le secteur des combustibles solides n’est guère florissant, surtout depuis la mise en service de deux centrales nucléaires dans le courant de 1985. Globalement, tous les secteurs de trafic ont été touchés : Le transit de charbon allemand vers la France, le service intérieur, celui en provenance des mines du Limbourg...
Les produits pétroliers par contre constituent un marché stable.
Au rayon des baisses, relevons encore, le transport de minerais - recul logique et consécutif aux compressions de production dans l’industrie sidérurgique ; le trafic des matériaux de construction et des produits de carrière, les exportations d’engrais et leur transit et enfin le transport de produits métallurgiques.
De véritables hausses de trafic n’ont pas été enregistrées mais deux secteurs se sont néanmoins bien défendus : celui des produits chimiques d’une part où le résultat se situe quelque peu en-deca de celui de 85, année record et celui des machines, véhicules et produits divers où l’activité s’est maintenue à un niveau assez élevé.
Envois de détail
Ce secteur est également en déclin (- 16 7 % en tonnage).
Les envois grande vitesse et les colis express ont chuté, respectivement de 19,1 % et de 16,1 % en tonnage.
Seuls les colis postaux ont enregistré une hausse significative (+ 8,6 % en tonnage).
Moyens techniques et personnel
Infrastructure
- Au 31 décembre 1986, la longueur totale du réseau ferré belge atteignait 3 618 km. La diminution de 49 km par rapport à l’exercice précédent résulte de la mise hors service de quelques tronçons sur lesquels il n’y avait quasiment plus de trafic.
2 844 km sont ouverts au trafic voyageurs, 774 km le sont au seul trafic de marchandises. La longueur des lignes électrifiées atteint 2 156 km (60 % du total) ; 1 901 km de lignes sont aménagées pour des vitesses égales ou supérieures à 120 km/h (52 % du total) et enfin 2 043 km sont équipées du bloc automatique (56 %). - La traction électrique a été mise en service sur les lignes et tronçons de ligne suivants : Bruges - Courtrai, Hal - Tournai, Denderleeuw - Grammont, Grammont - Enghien, Ottignies - Charleroi Ouest et Mouscron - Lille.
Ces travaux visent à la modernisation intégrale de ces lignes et comprennent la suppression de passages à niveau (Hooglede, Lichtervelde, Zedelgem, Denderleeuw, Grammont, Menin, Wervik, Sint-Denys, Boekel, Harelbeke...), l’aménagement d’ouvrages d’art (Torhout, Ath, Ninove, pont sur la Sambre,...) la construction de nouvelles gares et de bâtiments neufs (Silly, Tournai, Munkzwalm, Sint-Denijs-Boekel, Zèle) et l’installation d’aires de parcage, de garages pour cycles et d’arrêts d’autobus à proximité des gares (Torhout, Izegem, Ath, Tournai, Grammont). - En 1986, 141 passages à niveau ont été supprimés parmi lesquels 35 à caractère privé et le nombre de passages à niveau équipés de signaux automatiques et de demi-barrières a augmenté de 47 unités.
- Les travaux dans les installations portuaires se poursuivent : à Anvers où les installations ferroviaires au nord de la darse Delwaide ont été élargies, à Anvers-Nord avec l’élargissement d’un faisceau de triage, à Gand avec le renouvellement des voies et à Zeebrugge où la première phase de mise en place de l’infrastructure ferrée dans les nouvelles installations portuaires est terminée.
- Le nombre total des postes de signalisation a régressé de 28 unités en 1986, celui des postes de signalisation électroniques et tout-relais est resté inchangé.
Le nouveau système électronique de régulation du trafic était quasi opérationnel à Bruxelles fin de l’année dernière. Le système d’annonce automatique des trains, en service dans la jonction Nord-Midi et à Bruxelles Midi a été étendu à d’autres lignes qui y convergent. - Le renouvellement des rails, traverses et appareils de voies a légèrement régressé en voies principales et en voies accessoires.
Matériel roulant
En 1986, le parc du matériel roulant s’est élargi suite à la livraison de 22 locomotives électriques, 66 voitures à 2 niveaux, 144 wagons fermés, 122 wagons à bogies et 100 wagons à bogies pour le déchargement par gravité. La SNCB a construit 5 wagons plats.
Personnel
L’effectif du personnel a continué à régresser en 1986 par le biais des départs naturels non compensés par de nouveaux recrutements. L’effectif moyen a diminué de 2 771 unités, par rapport à l’année précédente.
En 1986, le nombre de pensions de retraite a augmenté, tandis que celui des pensions de veuve et d’orphelin a encore diminué. Les agents pensionnés sont au nombre de 33 722 ; les veuves de 24 178 et les orphelins de 426.
En fin de compte, ces postes sont en léger recul par rapport à 85 : 58 326 au lieu de 58 705 personnes au total.
La Caisse de Solidarité sociale est intervenue comme chaque année pour soutenir financièrement retraités et agents en difficulté notamment.
Les frais de vacances culturelles et de détente ont été également supporté en partie en faveur de 4 399 enfants du personnel, parmi lesquels 168 moins valides. Le nombre total des restaurants du personnel pour le réseau a été porté à 30, avec de nouvelles mises en service à Hasselt, Cuesmes et Charleroi Sud.
Exploitation
Parcours des trains
Les parcours de trains de voyageurs ont diminué de 2,8 % et ceux des trains de marchandises de 5 %.
La part de la traction électrique dans ces parcours est passée, pour le trafic voyageurs à 83 % et à 53,6 % pour le trafic des marchandises, contre respectivement 77,1 % et 50,9 % en 1985. Au total, cette part s’élève à 76,2 % (70,9 % en 1985).
De nouveaux types de matériel roulant, adaptés aux possibilités de la traction électrique, ont été mis en service et les temps de parcours ont été revus.
En juin, les trains à deux niveaux sont apparus et en octobre, les rames Bénélux ont été remplacées par les locomotives électriques belges série 11 et les voitures néerlandaises ICR.
En trafic marchandises, un nouveau plan de transport « Top » a été instauré dès le 1er juin, et en service international, un nouveau service « Interdelta » a également vu le jour.
Publicité et prospection commerciale
Les diverses opérations commerciales ont concerné les campagnes spéciales de promotion pour l’offre IC-IR, le lancement du plan « Top » et les nouveaux produits « Interdelta » et « Eurail-Express ».
La Société a également soutenu les Festivals de Flandre et de Wallonie.
Enfin, elle a pris en charge, pour le compte des 22 réseaux participants, la campagne publicitaire commune pour l’offre « Interrail ».
Tarifs
En 1986, les hausses moyennes ont été de 5 % pour les billets, de 6 % pour les abonnements et de 10 % pour le transport et la consigne des bagages.
En trafic international, les prix des cartes « Interrail » ont été majorées de 2,7 % ; la réduction pour le premier voyageur d’un groupe a été portée de 20 à 25 % dans le tarif « Benelux-weekend » ; la formule « Rosarot » a été prolongée jusqu’en 1987 ; l’Espagne a été reprise dans le tarif « Prix spéciaux » Benelux - France et enfin, le prix des trains autos-couchettes a subi une légère baisse pour les voyages en famille.
En ce qui concerne les marchandises, les tarifs généraux et spéciaux ont été majorés en moyenne de 4 %.
Informatique
II a été procédé en 1986 à la mise en service d’une banque de données sur tous les bénéficiaires de pensions de la SNCB. Une première application CAO (Conception assistée par ordinateur) a été exécutée : il s’agissait de réaliser par ordinateur tous les schémas de projet de nouveaux postes de signalisation.
Source : Le Rail, novembre 1987
Rixke Rail’s Archives