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La SNCB en 1985

mercredi 18 juin 2014, par Rixke

 1. Le trafic

L’évolution du trafic global de la Société est favorable tant pour le service voyageurs que pour le service marchandises : le nombre d’unités de trafic - voyageurs/km ou tonnes/km par wagons complets - a augmenté de 3,3 % par rapport à 1984.

Le trafic atteint 14 826,2 millions d’unités au lieu de 14 349,1 millions en 1984.

Cette hausse est imputable au secteur marchandises et à l’infléchissement de la tendance négative du secteur voyageurs.

a. Voyageurs

Une croissance de 1,98 % a pu être enregistrée : de 6 444,2 millions de voyageurs/km, on est passé à 6 572 millions.

Les secteurs en hausse sont les suivants :

en trafic intérieur

  • billets à prix plein ;
  • voyages touristiques d’un jour, soit un aller retour par semaine, soit la formule un aller retour par jour ;
  • excursions spéciales (manifestations, expositions...) ;
  • billets spéciaux pour la journée « Train, tram, bus » ;
  • abonnements scolaires et sociaux mensuels et trimestriels ;

en trafic international

  • billets à prix plein.

En trafic intérieur, on note le recul des abonnements semaine pour ouvriers dont les causes sont multiples (restructuration, crise, rationalisation, émigration vers les zonings industriels...), des abonnements administration du fait du blocage des recrutements dans la fonction publique, du transport des bagages à cause de la régression des TAA !

Néanmoins le total des recettes est en hausse.

b. Marchandises

1. Wagons complets

La Société a enregistré au cours de l’exercice des résultats satisfaisants, nonobstant les mauvais résultats du trafic intérieur, en recul de 2,89 % en volume, et du transit terrestre. Les secteurs en hausse se situent à l’importation, à l’exportation et surtout en transit maritime. Paradoxalement, la hausse du trafic a résulté, pour plus de la moitié, du transport des matières premières et des produits des industries métallurgiques belge, française et luxembourgeoise alors que la production d’acier brut a régressé dans ces trois pays.

Le transport des produits agricoles a considérablement augmenté grâce au trafic de transit par mer de sucre provenant de France et d’Allemagne, d’aliments pour bétail et de farineux de France. L’importation de céréales de France ou d’Allemagne est, elle, en régression ainsi que l’importation de fruits méridionaux. Le transport des combustibles solides a accusé un net recul dans la seconde moitié de l’année à cause des envois de charbon acheminés en service intérieur et de ceux importés par voie maritime vers les centrales électriques.

L’accroissement du transport de minerais, entamé à la fin de 1983, a continué sur sa lancée en 1985. Cette hausse est imputable au transit du minerai de fer d’outremer vers le Luxembourg et la France, nonobstant la légère baisse de production de ces pays. En ce qui concerne les produits métallurgiques, seul le transport de produits finis et semi-finis en provenance des industries métallurgiques françaises et luxembourgeoises est en hausse. Le transit maritime est resté stable. Quant à la sidérurgie belge, le trafic y afférent est en hausse à destination de l’Allemagne et du G.-D. de Luxembourg et en baisse en service intérieur et à l’exportation vers la France, l’Italie et les pays d’outre-mer.

La hausse dans le secteur des matériaux de construction provient essentiellement des exportations de bois à destination de la France. Le trafic des produits de carrières est à la baisse en service intérieur tandis que le transport de produits chimiques s’est accru.

2. Envois de détail

Le trafic des envois de détail a continué à décliner en 1985 (5,3 % en tonnage).

En trafic international, la baisse résulte de la disparition du trafic de transit entre l’Allemagne et la France, acheminé par Strasbourg depuis le deuxième semestre 1984. Seul le secteur des colis postaux est en hausse par rapport à l’exercice précédent (+ 8,7 %).

 2. Moyens techniques et personnel

a. Infrastructure

Au 31.12.85, la longueur totale du réseau ferré atteignait 3 667 km. 74 km de voies ont été supprimées par manque de trafic.

La longueur des lignes électrifiées atteint 1 978 km, soit 54 % du total au lieu de 51 % précédemment. 51 % du réseau est aménagé pour des vitesses égales ou supérieures à 120 km/h (contre 49 % en 1984). Le bloc automatique équipe 55 % du réseau contre 54 % en 1984. En 1985, la traction électrique a été mise en service sur trois tronçons : Malines - St-Nicolas, Visé - Maastricht et Courtrai - Zottegem, avec en corollaire des travaux d’aménagement de la voie ou des gares concernées.

La suppression des passages à niveau constitue un aspect important de la modernisation du réseau : 37 passages ont été éliminés, soit par la déviation de routes, soit par la construction d’ouvrages d’art.

A Schaerbeek, le pont Teichmann rénové est en voie d’achèvement. Les travaux de modernisation de la gare d’Anvers ont débuté ; ils seront répartis sur une période de 5 ans (1985-1990) et ont comme but de doubler la capacité de triage et d’améliorer la sécurité du personnel et des envois.

Le nombre de voies dans les faisceaux sera donc augmenté et ces derniers équipés d’un système de triage et de freinage entièrement automatique.

A Gand, les travaux de voie à la darse Port-Arthur sont achevés. Des voies ont été déplacées pour procéder à la rénovation des docks. Dans les nouvelles installations portuaires de Zeebrugge, l’aménagement de l’équipement ferroviaire se poursuit.

Un poste de sectionnement a été installé à Knokke, sur la ligne vers Bruges, laquelle a été portée à double voie.

L’instauration du bloc automatique, la concentration et la commande à distance des postes de signalisation ont permis la suppression d’un certain nombre de postes techniquement dépassés. Le nombre total de postes de signalisation a diminué de 18 unités, celui des postes mécaniques et électromécaniques de 28.

10 postes tout-relais modernes ont été créés.

Le réseau international de transmission de traitement de l’information « Hermès » est mis en service. Le réseau RESELEC pour la délivrance des réservations de places et billets internationaux est aussi mis en place.

648 km de rails dans les voies principales, 325 850 traverses et 194 appareils de voie ont été renouvelés. Dans les voies accessoires, ce renouvellement ne porte que sur 86 km de rails, 72 700 traverses et 177 appareils de voie.

b. Matériel roulant

En 1985, l’industrie a fourni 27 locomotives électriques, 29 automotrices électriques, 134 wagons-tombereaux à bogies et 578 wagons fermés. Les ateliers SNCB ont, eux, construit 95 wagons plats.

c. Personnel

L’effectif continue sa régression, imputable aux départs naturels sans compensation.

La Société compte actuellement 57 964 agents.

La Société est intervenue en matière de solidarité sociale par le biais de prêts ou de dons aux agents ou aux pensionnés en difficulté.

3 567 enfants de cheminots, parmi lesquels 208 moins valides, ont bénéficié de vacances en Belgique ou à l’étranger.

Les pensions de retraite sont en augmentation alors que les pensions de veuve et d’orphelin sont en nette diminution : on a dénombré 33 485 agents pensionnés, 24 791 veuves et 429 orphelins.

 3. Exploitation

a. Parcours des trains

Les parcours de trains se sont réduits de 0,3 % de km ensuite de la réorganisation du secteur voyageurs le 3 juin 1984.

En service marchandises, les parcours ont augmenté de 2,2 %, représentant une hausse de trafic de 4,4 % en tonnes/km. La part de la traction électrique s’élève à 70,9 % contre 68 % en 1984 du fait de la mise en service croissante d’automotrices électriques (leur nombre s’est accru de 29 unités cette année pour le seul service voyageurs).

b. Publicité et prospection commerciale

1985 est l’année anniversaire des chemins de fer belges : les activités commerciales se sont davantage orientées vers la célébration de celui-ci (expositions, manifestations diverses) tant dans le secteur voyageurs que dans le secteur marchandises.

c. Tarifs

L’adaptation des tarifs s’est réalisée le 14 janvier comme suit : + 5 % pour les prix au km des billets, les prix dé la carte de réduction à prix fixe, les prix des cartes pour 10 trajets simples dans une des grandes agglomérations belges ; + 7 à 10 % pour les prix des abonnements et pour le transport et la consigne des bagages. En service intérieur, il faut noter deux innovations : la carte de réduction « Rail Europ F » accordant une réduction aux membres d’une famille voyageant ensemble et l’abonnement scolaire valable pour un seul déplacement AR par semaine et renouvelable mensuellement. La carte de réduction REF pour les familles a été rendue valable pour les voyages internationaux.

Un nouveau tarif pour les billets internationaux est né, le TEV (Tarif européen voyageurs), basé sur un calcul uniforme du prix de bout en bout, valable sur les réseaux belge, britannique, français et luxembourgeois.

Les suppléments pour wagons-lits ont été majorés de 2,6 à 4,9 % selon la destination. Enfin, les accompagnateurs de malvoyants peuvent maintenant voyager gratuitement sur les réseaux de la CEE, de l’Autriche et de la Suisse.

Dans le secteur marchandises, les tarifs généraux et spéciaux ont été majorés de 8 % en moyenne pour les wagons complets. Les colis postaux et les envois express ont subi une hausse de quelque 7,2 %, les envois en grande vitesse de 5,4 %. En trafic international, diverses hausses de tarifs bilatéraux ont aussi été enregistrées.

d. Informatique

Les objectifs du plan informatique ont été poursuivis : plusieurs nouveaux logiciels d’application ont été mis en service. Une attention toute spéciale a été accordée à la sécurité d’exploitation du système central d’ordinateurs. Pour le trafic marchandises, le nouveau système de gestion centralisé du trafic a été progressivement étendu à l’ensemble du réseau au cours de la première moitié de l’année. Il en dessert la totalité depuis le 9 juin.

Pour le trafic voyageurs, le développement du système RESELEC se poursuit, qui vise à une automatisation complète des opérations de vente en trafic international, depuis la réservation des places jusqu’au décompte avec les réseaux étrangers et les agences de voyage.

Un réseau général de transmission de données SOPHONET est en voie d’installation.

En 1985 aussi, la gestion des magasins à l’AC Salzinnes et le calcul du coût de la main-d’œuvre et des primes du personnel ES ont été informatisés.

e. Coopération internationale

La Société a participé aux groupes de travail et d’études de l’UIC et de l’ORE et a collaboré à l’organisation du congrès de l’Association internationale des Congrès des chemins de fer (AICCF).


Source : Le Rail, novembre 1986

Extrait de : Rapport annuel de la SNCB 1985