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Transports à la une !

C.O.

mercredi 18 juin 2014, par Rixke

Du 2 mai au 13 octobre s’est déroulée à Vancouver, en Colombie britannique, une exposition universelle consacrée aux transports et aux télécommunications. Le slogan « Le monde en mouvement, le monde en marche » illustre parfaitement l’objectif de cette manifestation. Rassemblés sur une superficie de 75 ha, 90 pavillons accueillaient 52 pays participants et quelques provinces canadiennes. Dès l’ouverture, 15 millions de billets étaient déjà vendus : les prévisions les plus optimistes ne prévoyaient pas un tel engouement pour la chose.

Mais le Canada, c’est presque les Etats-Unis d’Amérique et les événements, même les plus anodins, ne laissent jamais indifférents : pour tout vous dire, avant d’organiser pareil rassemblement, les responsables canadiens s’étaient rendus à Disney World pour voir comment mieux appâter le public !

Les firmes européennes ont d’ailleurs été prises en flagrant délit de sérieux au grand dam de la presse et de l’opinion publique d’outre Atlantique. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas !

Vancouver, outre cette exposition, célébrait deux anniversaires : les 100 ans de la constitution de la ville de Vancouver (6.4.1886) et les 100 ans du premier service transcontinental régulier. Le 4 juillet 1886, le Pacific Express arrivait en effet sur la côte ouest après un parcours de 139 h depuis Montréal. Souvenir, souvenir...

Mais restons à nos moutons. Le Canada et la Colombie britannique avaient mis les petits plats dans les grands pour l’occasion et présentaient de somptueux pavillons ; celui du Canada, par exemple figurait un navire toutes voiles dehors !

Comme quoi, les cordonniers ne sont pas toujours les plus mal chaussés.

Un autre pavillon remarquable était celui du Japon, toujours à l’avant garde !

Le Japon présentait une voiture de 40 places aux lignes aérodynamiques dont la particularité est de se mouvoir sur un champ magnétique ; la propulsion de cet engin est assurée par un moteur linéaire. Cet appareil se soulève de 1 cm au-dessus des rails qui tracent son parcours ; en 1978, il battait le record de vitesse en atteignant 307,8 km/h. Pour la foire, les Japonais avaient aménagé une piste de 453 m avec courbe afin d’expérimenter cette rame pendant 4 minutes à la vitesse de 40 km/h.

Il y avait aussi le fameux train Tokaido dont la vitesse de croisière atteint 260 km/h sur un parcours de 2 000 km ainsi que le ML 500, train à suspension magnétique dont la vitesse record est de 517 km/h sur un parcours de 7 km. On croit rêver ! Sur la place de l’Europe s’agglutinaient les pavillons du vieux continent. La France exposait une motrice grandeur nature du TGV ainsi que des maquettes du VAL de Lille, d’ARAMIS ou du TAG de Grenoble.

Le site de l’exposition : Vancouver

L’aéroport Charles-De-Gaulle et une simulation de l’envol du Concorde animaient également le stand. L’Allemagne proposait son fameux ICE dont nous vous avons parlé dans Le Rail du mois de mai de cette année et l’O-Bahn, véhicule sur routes ou rails, complètement automatique.

Mais fi des concurrents, parlons belge ! petit pays que la Belgique mais étonnamment présent sur le marché des transports.

« Vue de l’espace, la Belgique ne passe pas inaperçue... elle se voit de très loin, car c’est le seul pays où les autoroutes sont éclairées la nuit... Avec Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol... les Belges furent les premiers à marcher sur la lune... »

2 mai 1985 : ouverture de « Expo Centre », symbole de l’expo 86. « Beefeater Band » anime la cérémonie

D’entrée de jeu, le quidam savait à quoi s’en tenir ou presque avec cet épître d’accueil du pavillon belge. Ce pavillon, réalisé par deux architectes renommés, Jean Keup et Marcel Mignot, occupait une superficie de 500 m2 et se présentait sous le thème général d’un pays de tradition et pionnier dans la conception et l’organisation des systèmes de transport et de communication.

Et de nous le prouver abondamment, et comme je le disais tantôt, sérieusement. Une bonne moitié du pavillon était réservée aux réalisations et projets contemporains.

Pêle-mêle, on pouvait voir, par le biais de maquettes, montages et clips audio-visuels, plans et photos, les ports belges, les transports urbains et interurbains, le matériel, les systèmes, services et réalisations à l’étranger, le transport par air et les télécommunications.

Une maquette retenait tout spécialement l’attention : celle de l’ascenseur hydraulique de Strépy-Thieu. Il s’agit d’ascenseurs érigés dans un cratère de 6 millions de m³ de terrassements.

Le but de cet ouvrage est de racheter une chute de niveau de 73 m sur le canal du Centre à la limite des communes de Strépy-Bracquegnies et de Thieu.

Les travaux ont commencé le 2 février 1982 et les ascenseurs devraient être opérationnels en 1991. Des péniches de 2 000 T pourraient alors circuler.

Il y avait aussi une maquette du GLT (Guided light transit). Il s’agit d’un véhicule bi-mode qui roule sur pneus mais qui est guidé par rails et alimenté par caténaire. La capacité du GLT est de 20 000 passagers par heure et par direction. C’est le substitut idéal du tramway dans l’avenir.

Une autre réalisation figurait en bonne place : le TAU (Transport automatisé urbain). Mini-métro autoguidé pouvant circuler en aérien, à niveau et en souterrain, le TAU est rapide (vitesse commerciale d’au moins 30 km/h), attractif (fréquence élevée, de une à trois minutes), économique, respectueux de l’environnement et adapté aux agglomérations comprises entre cent mille et un million d’habitants. Les essais sont arrivés en phase terminale et s’avèrent tout à fait concluants.

Présents également les autobus articulés et panoramiques, les premiers circulent déjà à Québec. Les télécommunications n’étaient pas en reste avec leur fameux réseau pour le transfert de données par images et par texte entre les différents systèmes d’ordinateurs, qui permet notamment la communication des réservations de billets d’avion entre aéroports. Enfin, la Compagnie maritime belge, qui vient d’ouvrir une ligne sur Vancouver, présentait aussi ses produits.

Le pavillon canadien

Le 16 juin avait été décrété « Journée du transport urbain ». Ce jour-là, une mission économique belge débarquait pour faire le point.

Une petite anecdote encore : les « VIP » étaient reçus dans un wagon-salon du célèbre Orient Express, conçu par notre compatriote liégeois Nagelmackers.

L’autre moitié du pavillon rendait un hommage chaleureux à ceux sans qui la Belgique ne serait peut-être pas allée à Vancouver cette année : Empain, Franqui, Jadot, enfin tous ceux qui ont inventé ou exporté nos produits ou nos idées aux quatre coins du monde. Encore une belle aventure qui se termine, ou plutôt non : après la foire, les contrats !

N’oublions pas que notre petit pavillon comptait ses 2 500 visiteurs par jour, ce qui n’est pas si mal.


Source : Le Rail, novembre 1986