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Le centre de communication nord
J.M. Delannoy.
mercredi 5 mars 2014, par
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Depuis plusieurs mois, trois grandes lettres (CCN) ornent la façade du nouveau bâtiment situé devant la gare de Bruxelles Nord. Peut-être vous êtes-vous demandé ce que signifiaient ces trois lettres et que cachait ce grand bâtiment ? Le CCN est le Centre de Communication Nord.
L’origine du CCN
Dans sa conception initiale, le projet de rénovation urbaine du quartier nord à Bruxelles prévoyait la construction de nombreux immeubles-tours destinés à abriter diverses administrations et services, formant un important centre de commerce et d’échanges : le World Trade Center (WTC).
Ce complexe devait être tourné vers le commerce mondial et donc accueillir de nombreux visiteurs. Dans ce contexte, le ministère des Communications décida de construire à proximité un Centre regroupant les divers moyens de transports urbains, suburbains, interurbains ou internationaux. Le projet initial du CCN prévoyait quatre sous-sols et six plateaux au-dessus du sol, deux liaisons piétonnes reliant entre eux les immeubles-tours.
Outre la gare métro, le bâtiment devait abriter la gare autobus, l’échange SNCB, la salle des guichets STIB, les passerelles vers le WTC, vers la place Rogier et vers Schaerbeek, le centre de tri de la Poste, l’Air terminal de la SABENA, les bureaux de la Régie des Voies maritimes et de nombreux parkings.
Ce qu’est le CCN aujourd’hui.
La crise économique et la stagnation du quartier nord ont eu raison de ce projet grandiose et c’est un CCN plus modeste qui a vu le jour. En 1974 débute la construction de la gare métro, de la gare d’autobus, de la salle des guichets STIB et de la zone publique d’échange avec la gare SNCB.
Ces ouvrages furent mis en service en 1976.
Restait la construction du bâtiment. En 1979 le ministère des Communications décida de simplifier son projet initial. Ainsi le bâtiment CCN tel qu’il se présente aujourd’hui est constitué de 3 sous-sols et de 6 niveaux supérieurs en plus du niveau 0 occupé par la gare d’autobus (niveau de la rue du Progrès).
- niveau - 3 : réserve pour parking ultérieur
- niveau - 2 : - quais de chargement pour la Poste
- divers locaux pour la Régie des Voies aériennes et l’Aéronautique (archives, imprimerie, etc.)
- parking.
- niveau -1 : gare métro
- niveau 0 : gare autobus
- niveau + 1 : salle des guichets STIB, échange SNCB, nouveau restaurant SNCB, commerces, bureau de poste
- niveaux supérieurs : bureaux destinés à la Régie des Voies aériennes et à l’Aéronautique.
La structure du bâtiment.
Compte tenu du fait que la construction du bâtiment allait se réaliser en 2 phases séparées de plusieurs années, les fondations devaient permettre le travail en sous-œuvre sous la gare métro maintenue obligatoirement en exploitation pendant toute la durée de la deuxième phase, de même que la gare autobus. Cette imposition a conduit à une solution comportant une enceinte périphérique en murs emboués et une série de 150 colonnes métalliques foncées. Le niveau de fondation de l’ensemble des éléments porteurs se trouve à 52 m de profondeur par rapport à la voirie. La technique de construction a permis de réaliser tous les niveaux destinés aux transports en commun dans un délai particulièrement court.
Pour y parvenir, la construction a été menée simultanément au-dessus et en dessous de la dalle du niveau 0, réalisée sur sol et portant sur l’ensemble des fondations. La longueur du bâtiment est de 220 m tandis que sa largeur atteint hors sol 60 m et 80 m en sous-sol. Les travaux de deuxième phase au-dessus de la salle des guichets ont pu, eux aussi, être effectués dans un très court délai (26 mois), grâce à une construction quasi totalement préfabriquée.
Les quais de la gare SNCB
Après la construction profonde du métro face à la gare SNCB, des tassements importants des quais avaient été constatés. Une étude et des contrôles sur terrain ont montré que ces tassements étaient dus à la remontée de la nappe d’eau du sol (nappe phréatique) suite à l’obstacle constitué par l’ouvrage métro. En 1980, des affaissements graves avec cratères de l’ordre de 2 mètres de profondeur ont mis en évidence l’existence de vides importants dans le remblai dans la zone des quais. Il était urgent de réaliser d’importants travaux (le remblayage des vides dans le remblai et le renouvellement des quais).
La nouvelle conception permet la correction éventuelle du niveau des quais lors de tassements ultérieurs. Pour atteindre cet objectif, l’élément support du quai a été dissocié de la dalle de quai proprement dite. Chaque dalle repose sur des poutres de fondation parallèles aux voies, et formant caniveaux à câbles.
En cas de tassements ultérieurs des fondations, l’ensemble de la dalle pourra être relevé au moyen de vérins ou de crics pour être remis au gabarit.
Une étude détaillée et une adaptation du trafic quai par quai, ainsi que la mise en œuvre de quais provisoires ont permis de réaliser ces travaux délicats dans un délai très court, sans trop de désagréments pour les voyageurs et sans trop perturber l’exploitation de la gare.
L’avenir du CCN
Ainsi malgré son programme quelque peu réduit par rapport aux objectifs initiaux, le Centre de Communication Nord est appelé à jouer, dans l’avenir de l’agglomération bruxelloise, un rôle important dans la distribution du trafic des navetteurs et de tous ceux qui trouveront emploi ou activité dans les bâtiments du quartier nord rénové.
Ce remarquable exemple d’intégration des divers modes de transports en commun constitue un lieu d’échanges privilégié à deux pas du centre de la ville, des salles d’exposition et des quartiers d’affaires.
Source : Le Rail, février 1984
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